Le chevreau, la mère et la harde de chamois

La fin de matinée s’achève et la pluie laisse timidement sa place à quelques rayons de soleil. La température est relativement fraîche pour un mois de mai mais l’envie de prendre l’air est trop forte. Je décide donc d’ingurgiter rapidement mon repas et de me préparer pour une balade en forêt. 

Dans un coin de ma tête, j’avais déjà calculé que mon minutage était parfait pour arriver avant les chamois. Depuis quelques jours, je les voyais se reposer dans le champ du paysan du village. Les hautes herbes leur permettent de se cacher facilement des badauds passant sur une petite rue avoisinante.  Seul détail pouvant trahir leur présence, ce sont leurs cornes qui dépassent légèrement et qui détonnent de la verdure ambiante.

En arrivant sur les lieux, j’observe attentivement les environs et suis soulagé de constater que le pâturage est encore désert ; aucune trace de faune sauvage. Ni une, ni deux, je sais qu’il ne me reste plus beaucoup de temps et je me précipite en direction de la forêt.  Mes repérages de ces dernières semaines me permettent de gagner un temps précieux pour m’installer et ainsi éviter le maximum de dérangement. 

L’endroit est idéal car il me permet d’avoir une vue dégagée sur le chemin utilisé par l’ensemble de la famille de chamois pour accéder au champ. Je sors donc mon matériel photographique et m’installe le plus rapidement possible. Cette fois, je suis prêt. Silencieux, je scrute le chemin, le champ et la forêt en tentant de les voir apparaître. Rien du côté droit, mais à gauche, je constate que je suis épié depuis un certain temps. Un chamois couché dans les feuilles et bien camouflé derrière quelques branches m’observe. Cela me rappelle vraiment que je suis sur leur territoire et que ce sont eux qui me tolèrent. A l’intérieur de moi, je rigole car j’étais persuadé d’avoir tout fait juste mais la nature m’a prouvé le contraire.

La rencontre

Après quelques minutes, un second chamois se déplace dans ma direction et comble de bonheur, je constate que cette chèvre est accompagnée de son chevreau. Frêle et légèrement déséquilibré dans ses déplacements, il suit sa mère et découvre le monde en sa compagnie. A une vingtaine de mètres de ma position, elle décide de se poser pour soulager les efforts physiques de sa progéniture.  Je suis certain qu’elle a capté ma présence car elle regarde dans ma direction mais je comprends également qu’elle n’a aucune crainte. 

Mon premier déclenchement se fait à 13h20 pour immortaliser cette magnifique rencontre. J’observe leurs mouvements et tente de comprendre les échanges d’une mère à son enfant. Comme pour les humains, le repos et la nourriture sont essentiels dans leur cycle de vie. Après seulement quelques minutes, je constate que le chevreau est déjà dans les bras de Morphée. Quelques sursauts, dus peut-être à des rêves, le font changer de position mais il gardera en permanence une partie de son corps touchant celui de sa mère.  Certainement pour se rassurer et se calmer des bruits étranges de la forêt. Après une première sieste, la chèvre décide de se lever et n’hésite pas à réveiller son enfant à coup de sabots. Il est donc l’heure de la tétée. Rapide mais efficace, il sera vite rassasié et se recouche immédiatement pour poursuivre sa sieste.

La mère fatiguée de tous les efforts consentis ces derniers temps, se permettra également de fermer les yeux et de recharger ses batteries. Des minutes précieuses et indispensables pour conserver l’énergie à l’éducation et à la protection de son enfant.

Ce n’est que vers 16 h 45 qu’ils décidèrent de retourner dans la forêt profonde et que j’effectuais ma dernière mise au point sur cette famille. Je n’ai pas vu le temps passer et c’est seulement après leur départ que je réalise la chance inouïe que j’ai eu de pouvoir partager ces moments uniques et inoubliables.

La vie est belle

Je suis également certain que passer du temps à leurs côtés et étudier leurs comportements me permettra d’augmenter les probabilités de vivre des événements exceptionnels. D’ailleurs lors de mes repérages, j’avais profité d’une magnifique proximité et effectué le portrait suivant :

Des moments qui confirment que la nature est exceptionnelle et fait résonner la devise de ZOOM-NATURE : 
«LA VIE EST UN CADEAU» 

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